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08août 2016

Elles traduisent pour Asphalte : Antonia García Castro

Nous profitons de ce beau mois d'août (et du calme avant la tempête de la rentrée littéraire !) pour vous présenter des collaborateurs in-dis-pen-sables d'Asphalte : les traducteurs. Antonia García Castro, voix française de Roberto Arlt et de Martin Mucha, ouvre le bal...

     

Pourquoi avoir choisi la traduction ? D'où vient cet amour de la langue, des langues ?

D’une expérience de vie, liée à l’immigration. Une aventure familiale, à l’origine, qui m’a conduite à vivre dans plusieurs pays et à parler couramment deux langues (l’espagnol et le français). La traduction, avant de devenir un métier, a été pour moi une activité quotidienne. Une forme d’échange. Avoir une histoire chilienne, vivre en France ; puis, avoir une histoire française, vivre au Chili, en Argentine : tout le temps, diverses situations, plus ou moins ordinaires, exigeaient (exigent) cet exercice de traduction.

Quelle a été ta toute première traduction ? Comment l'as-tu décrochée ?

Il m’est très difficile de distinguer une première traduction, en raison de ce caractère quotidien que la traduction a pour moi. Ma première traduction payée remonte, je pense, aux années 1990, c’est probablement un travail universitaire, réalisé par une de mes amies argentines. Elle avait des difficultés a trouver un traducteur pour sa thèse, qu’elle devait présenter en France. Nous avions déjà travaillé ensemble, cela s’était bien passé. À ce moment-là, je m’étais mise en tête d’aider un de mes amis qui faisait un travail social très important, mon salaire était un peu maigre pour jouer les mécènes. J’ai aussi accepté cette traduction, pour aider cet ami à mener une partie de son projet.

Avec le recul, quelle est la traduction dont tu es le plus fière ?

À l’oral, sans conteste : un exposé du professeur Stéphane Douailler, à l’Université de Merida (Venezuela) en 1997. À l’écrit, je dirais les Eaux-fortes de Buenos Aires, une expérience qui a complètement modifié ma conception des choses. Qu’est-ce que traduire ? Qu’est-ce qu’un traducteur ? Qu’est-ce que ce métier ?

Traduire, c'est écrire, créer ou c'est forcément un peu trahir ?

C’est interpréter, je dirais. Comme un acteur ou comme un musicien. C’est faire part d’une lecture du texte. D’une compréhension sensible (pas que rationnelle). Le traducteur, me semble-t-il, est d’abord et surtout un type particulier de lecteur.

Quel autre livre Asphalte aurais-tu aimé traduire (questions de langues mises à part) ?

Sans hésitation : Golgotha de Leonardo Oyola.

30oct. 2013

Martín Mucha invité au festival Belles Latinas

En janvier dernier, nous vous faisions découvrir un premier roman d’un auteur péruvien, Martín Mucha : Tes yeux dans une ville grise, traduit par Antonia García Castro. La ville grise du titre, c’est Lima, là où il ne pleut jamais mais où il fait toujours gris.

Le livre a bénéficié d’un accueil chaleureux de la part des libraires et de la presse (petite revue de presse ici). Ce livre, « culte en puissance » (Streetpress), est l’histoire de Jeremías, qui traverse quotidiennement sa ville en combi, nous offrant sa vision de la Lima qu’il voit défiler par la fenêtre, mais aussi se déployer autour de lui. Jeremías, un narrateur sombre et touchant, cynique et poétique, auquel on finit par s’attacher, « tant et si bien qu’à la fin du livre, on a presque l’impression de quitter un ami » (médiathèque de Décines).

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(Crédit photo : Patrick Imbert)

Si vous avez raté le passage à Paris de Martín Mucha, en février dernier, réjouissez-vous ! Il fait partie des invités officiels du festival Belles Latinas. Voici le programme de ses pérégrinations françaises :

  • Lundi 11 novembre 2013 à 18 h 30 : LYON. Café littéraire à l’Amphi-Opéra de Lyon (place de la Comédie, Lyon 1) avec Sara Bertrand et Jaime Sandoval ;
  • Mardi 12 novembre 2013 à 18 h 30 : SAINT-CHAMOND. Rencontre à la médiathèque Louise Labbé (54 bd Waldeck-Rousseau), dans l’auditorium ;
  • Mercredi 13 novembre à 19 h : SAINT-ÉTIENNE . Rencontre au café-lecture Le Remue-Méninges (59 rue Désire-Claude) ;
  • Jeudi 14 novembre à 18 h 30 : LYON. Rencontre à l’Institut Cervantes de Lyon (58, montée de Choulans, Lyon 5) avec Carlos Salem ;
  • Dimanche 17 novembre à 16 h : PARIS. Rencontre au musée du Quai Branly (salon de lecture Jacques Kerchache, 37 quai Branly), avec Louis-Philippe Dalembert (par ailleurs l’un des auteurs de notre Haïti Noir…).

Nous clôturerons cette belle tournée par une soirée Asphalte à Paris le 20 novembre prochain, qui aura lieu à la librairie Palimpseste (16 rue de Santeuil, Paris 5).

Plus d’infos à venir…

12fév. 2013

Rencontre avec Martín Mucha le 13 février

Venez assister à une rencontre exceptionnelle avec Martín Mucha, l’auteur de Tes yeux dans une ville grise, paru chez Asphalte il y a quelques semaines : rendez-sou le 13 février à partie de 19 heures à la librairie l’Arbre à Lettres Denfert (14 rue Boulard 75014 Paris) pour une présentation du livre suivie de lectures bilingues, d’une séance de dédicaces et d’une dégustation de vin péruvien.

Les blogueurs et journalistes ont bien remarqué ce roman bref et poétique, sombre et urbain, qui nous dresse un portrait fragmenté de la capitale péruvienne aujourd’hui. Quelques morceaux choisis :

  • « Le texte, de manière étonnante, oscille entre brutalité, sauvagerie et une espèce d’innocence, de beauté du regard. […] Un texte très beau que je vous conseille fortement.  »  Nikola Delescluse, Radio Campus Lille, émission Paludes.
  • « Un roman instinctif où chaque morceau comporte sa propre intensité, chaque fragment a son indépendance, c’est la force de cette construction kaléidoscopique. […] On n’est pas dans la surenchère ni dans le pathos, mais bien dans la justesse. » Eldar Abdaloff, Fréquence Paris Plurielle, émission Salle 101.
  • « Mais Tes yeux dans une ville grise est surtout une écriture précise, qui fonctionne à l’urgence, qui dessine parfaitement les visages, la ville, le temps. Les phrases de Martin Mucha retiennent d’emblée l’attention, tant leur force descriptive nous conduit à l’essentiel. Pas de périphrases, l’économie apparente de mots n’entame pas les descriptions de Lima, de ses habitants et est au service d’une construction qui donne la parole aux proches de Jeremias. » Guy Donikian, La Cause Littéraire.
  • « Gris, comme son titre l’indique, voilà un roman à vous rendre neurasthénique mais dont la beauté vaut bien que l’on s’offre un petit coup de blues.» Yan Lespoux, Encore du Noir.
  • « A la réflexion, un petit roman qui en dit plus qu’il n’y parait. » JM Laherrère, Actu du Noir.
  • « Flottant dans le monde qui l’entoure, il détaille ces éclats de vie, rendus par une écriture précise, incisive et fragmentaire, qui enchaîne les chapitres laconiques. On pense aux Détectives sauvages de Roberto Bolaño, écrivain que Martín Mucha évoque presque explicitement. » Mikaël DemetsL’Accoudoir.
  • « Mais le principal sujet de ce livre, c’est la ville de Lima elle-même ! Terre de contrastes, la misère la plus noire y côtoie la plus folle opulence, les quartiers de Pamlona et son opposé Las Casarinas, trajet quotidien de Jeremías. » Yvon BouëttéEireann.
  • « Ce texte poignant, désespéré, entraîne le lecteur dans une lente mais irrémédiable course vers la fin d’un monde qui ne méritait sans doute pas d’exister. Et pourtant, le lecteur n’en ressort pas désespéré, mais nourri d’une réflexion subtile, instillée par touches, et avec une poésie simple et diaprée. Malgré le désespoir la beauté subsiste, ainsi qu’un sentiment intense et étrange de fraternité qui se noue. Il y  a longtemps qu’un roman nouveau ne m’avait tant émue. » Anne-Françoise Kavauvéa, Librairie Point d’encrage, Lyon.
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On vous attend nombreux demain !

11janv. 2013

Tes yeux dans une ville grise, de Martín Mucha

Depuis hier, le premier roman de Martín Mucha est enfin disponible en librairie. Ce texte bref, à la fois réaliste et onirique, nous a séduites pour son style définitivement hybride, mêlant scènes urbaines crues et flux de pensées libres. C’est la ville de Lima dont il est question, ici. Peu de choses sont dites, sues, de la capitale péruvienne, de la juxtaposition de quartiers extrêmement pauvres et de zones d’habituation très riches. Lima, c’est aussi la ville, toujours grise, où la pluie ne tombe jamais réellement.

couv

Guidés par le regard de Jeremías, vous serez emmenés dans le quotidien d’un combi, parcourant inlassablement la ville pour relier le domicile à l’université où se rend le jeune homme. La vie dans le combi, la ville vue du combi. Ce roman nous offre à la fois un portrait social des années 1990 en Amérique latine et une chorale urbaine de toutes les strates de la population.

L’auteur, journaliste à El Mundo, en Espagne, sera à Paris en février pour accompagner la parution de son roman en France. Plus d’informations à venir.

En attendant de faire plus ample connaissance avec lui et avec son texte, on vous propose, comme le veut le rituel asphaltien, d’écouter la playlist du livre.