Asphalte Café - Le blog d'Asphalte Éditions

21déc. 2009

Pour clore en beauté cette année : la diffusion-distribution !

Bonjour !

Depuis le temps qu’on avait envie d’écrire un billet sur la diffusion-distribution ! Mais, jusque-là, nous nous étions abstenues. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que nous avions pris le départ d’une course contre la montre pour dénicher LE diffuseur-distributeur qui prendrait Asphalte en charge. Des représentants un peu partout en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg… Des grossistes au Canada et en Suisse… Des entrepôts de stockage, des camions, des colis, des codifs, des statistiques, des notés… Bienvenue dans le pays de la diffusion et de la distribution de livres, deux éléments cruciaux pour une maison d’édition, le chaînon qui fait que les livres arrivent aux libraires, puis aux lecteurs. 

Après moult péripéties, rendez-vous, sueurs froides, sueurs chaudes, crises de rires et de panique, nous sommes ravies de vous informer que les livres Asphalte seront diffusés et distribués par Le Seuil/Volumen.

Nos remerciements chaleureux vont bien entendu à Mme Gamgit et à M. Métais.

Bien sûr, c’est un autre marathon qui s’annonce, avec la signature de ce contrat. Mais c’est aussi une concrétisation de plus pour le projet Asphalte.

Nous pouvons aussi désormais vous annoncer que le lancement officiel de la maison, avec les premiers livres, se fera au joli mois de mai 2010. Le blanc aura laissé place au vert, les bourgeons auront refleuri, tout ça… Un bon mois, on vous dit !

 

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23sept. 2009

Smells like TEEN spirit

Comme vous le savez, les livres Asphalte vont parler de voyage, de contre-culture, d’urbain. Mais il va aussi être question de youth culture (culture jeune, donc), c’est-à-dire tout ce qui concerne les tribus, les modes, les pratiques et comportements stigmatisés “jeunes” car, en général, opposés aux systèmes de références de la génération des parents.

Dans la “galaxie ado”, on avait envie aujourd’hui de s’arrêter sur ce dont on entend parler depuis le début de la rentrée littéraire, et c’est même devenu un marronnier des rentrées, j’ai nommé les teen novels. Presse culturelle, presse littéraire, suppléments livres des grands quotidiens, tout le monde s’en donne à cœur joie. Mais qu’est-ce donc, et pourquoi a-t-on tendance à mettre tous les teen novels dans le même sac, comme s’il s’agissait d’un genre à part entière ? 

Des romans sur les ados, il y a eu, et il y en aura. Du plus mythique avec L’Attrape-cœur de Salinger,aux plus improbables, avec toutes les nuances possibles. On a tous une idée des raisons de cet engouement, de cette quasi-fascination qu’ont les écrivains pour cette période, cet univers à part entière, régi par ses propres codes, modes, signes de reconnaissance et langage. Les excès et désordres décrits n’ont souvent pour limite que les propres fantasmes que les auteurs eux-mêmes projettent sur cet “âge d’or”. Du plus trash au plus aseptisé. Du plus réaliste au plus déjanté.

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Crédits: herworskill. Creative Commons 

A donc été créée une nouvelle « case » pour ce type de fiction, après la chick-litt, la pop litt ou la trash litt. Mais la définition du teen novel est un peu plus subtile. Il ne suffit pas que le roman soit une immersion dans la galaxie ado. Que nenni. L’auteur doit également en être. Un ado, je veux dire. Un jeune ou, comme disent les Anglo-Saxons, un young adult, ce qui permet, entre nous, d’élargir la tranche d’âge désignée. L’auteur est donc censé savoir de quoi il parle et il est érigé en chantre, plus ou moins maudit, de sa génération. Rien que ça. Le côté immersion vraiment réaliste – “crédible” serait un terme plus juste – est un aspect souvent salué, donc. Ces romans seraient ainsi, d’une certaine manière, plus légitimes ? Mais que se passerait-il alors, si un jeune écrivain se mettait à prendre des adultes pour personnage ? Un jeune écrivain doué serait-il donc condamné à ne choisir ses personnages que parmi les jeunes gens mineurs, encore étudiants, ou sans charge de famille ? (selon la définition que l’on peut donner des “adultes”. Ma liste, ici, est assez réductrice, je vous l’accorde, mais c’est un autre débat ;-)). Vous l’aurez compris, la liste de questions qui viennent à l’esprit une fois posé le principe des teen novels, est interminable.

Durant ces dernières années, vous avez sûrement entendu parler d’auteurs comme Nick McDowell, Boris Bergmann ou, plus près de nous, Sacha Sperling. Tous les quatre assez jeunes lors de la rédaction de leur premier roman (15, 17 et 18 ans), ils ont immédiatement suscité des positions très tranchées parmi les critiques, journalistes et bloggeurs de tous poils. Entre ceux qui partent du principe extrême que puisque c’est l’œuvre d’un adolescent, c’est mauvais, et ceux qui, au contraire, voient à chaque fournée de septembre, le nouveau petit génie de la scène littéraire, les nuances ne sont pas légion. Et comme il est souvent question dans ces romans - il faut bien le dire - de jeunes issus de classes aisées de la société, une nouvelle catégorie a vu le jour, en plus de celles déjà citées : le preppy novel (de preppy, équivalent en gros de notre “BCBG”). Mais là encore, attention! Un grand nombre de preppies ne sont pas des teen novels… que l’on pense par exemple au Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe.

Je disais donc qu’on avait droit, à toutes les rentrées, au même refrain sur le nouveau génie de la scène littéraire. La nouvelle plume qui va faire vaciller toutes nos certitudes en matière de style et de création, mais aussi qui va nous apporter plein de scoops sur le monde fascinant des jeunes. À en oublier toute notion d’intertextualité, d’influence et d’imaginaire.  Les teen novels qui sont des premiers romans sont assez souvent porteurs de références plus ou moins assumées aux “maîtres” Ellis, Welsh et j’en passe. Parfois, le miracle agit, et derrière toutes les références, les tics de langage et automatismes hérités de lectures précédentes, on sent poindre une écriture non formatée, un je ne sais quoi d’enthousiasmant et d’imaginatif. Un angle autre. Comme une réfractation de point de vue. Et parfois, au lieu de se dire « c’est génial, quand même, pour son âge », on a envie d’enlever le « quand même » et le « pour son âge ». Et le talent devient absolu. Et de teen novel, le livre devient un roman, tout court. Finalement le teen novel qui fera date sera celui qui saura s’affranchir de son qualificatif.

Et pour reprendre la chute d’un des précédents billets de ma comparse, je vous dirai que je n’en dirai pas plus pour le moment. Vous jugerez sur pièces début 2010… on y travaille.