Asphalte Café - Le blog d'Asphalte Éditions

Mot-clé - la ballade des misérables

Fil des billets

12oct. 2015

Le prix Violeta Negra pour Aníbal Malvar !

Une excellente nouvelle nous est venue de Toulouse ce week-end : La Ballade des misérable du Galicien Aníbal Malvar, paru chez Asphalte en novembre dernier, a remporté le prix Violeta Negra 2015 !

Rappelons que ce prix « a pour vocation de mettre en lumière un roman noir ou policier traduit d’une langue du Sud (espagnol, italien, portugais, grec, turc, arabe…) ». La concurrence était rude, ce qui ne fait qu'ajouter à notre grande fierté...

Bravo donc à Aníbal et à Hélène Serrano, sa traductrice !

07oct. 2015

Aníbal Malvar au festival Toulouse Polars du Sud

Aníbal Malvar, auteur de La Ballade des misérables, est invité au festival Polars du Sud du 9 au 11 octobre... L'occasion de le retrouver après son passage au printemps dernier à Étonnants voyageurs et à la Comédie du livre, et de l'entendre parler de son roman ou pousser la chansonnette...

 

Aníbal sera présent les trois jours pour des dédicaces, et il participera le dimanche 11 octobre à 16h30 à la table-ronde "La ville, ce personnage de polar", au Forum de la Librairie de la Renaissance – Chapiteau du Festival. Il interviendra aux côtés de Graham Hurley et Aro Sainz de la Masa.

Retrouvez tout le programme sur le site du festival...

À noter que La Ballade des misérables est l'un des six romans sélectionnés pour le prix Violeta Negra, qui sera décerné le samedi 12 octobre. Inutile de vous dire qu'on croise très fort les doigts !

13mai 2015

Étonnants Voyageurs 2015, c'est parti

Aníbal Malvar, l'auteur du très remarqué La Ballade des misérables, paru en novembre dernier chez Asphalte, arrive en France pour le festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo, dont il est l'un des invités officiels. Cette année encore, vous pourrez également retrouver une bonne partie du catalogue Asphalte sur le Salon du livre grâce à la librairie L'Odyssée. Rendez-vous du 23 au 25 mai sur le stand 122 !

Durant ces quelques jours, Aníbal Malvar participera aux tables-rondes suivantes :

  • Le 23 mai de 15h15 à 16h15 : "Polars du monde entier"
    Lieu : Univers (Grande Salle)
    Avec : Aníbal Malvar, DOA, Matthew Mc Bride et Antoine Tracqui.
  • Le 24 mai de 11h15 à 12h15 : "Au bord du gouffre"
    Lieu : Univers (Grande Salle)
    Avec : Aníbal Malvar, Sophie Bienvenu, Sylvain Pattieu, David James Poissant.
  • Le 25 mai de 11h45 à 13h00 : "Polars européens"
    Lieu : La Grande Passerelle, salle 1
    Avec : Aníbal Malvar, Victor Del Arbol, Arnaldur Indridason, Zygmunt Miloszewski.
  • Le 25 mai de 14h à 15h30 : "L'écriture du réel"
    Lieu : Salle Maupertuis
    Avec : Aníbal Malvar, Pascal Dessaint, John King, Sylvain Pattieu.

Vous le retrouverez également au Salon du livre sur le stand 122 pour des séances de dédicaces.

Rendez-vous sur le site du festival pour en savoir plus sur les lieux, horaires, infos pratiques, etc.

Après ces réjouissances malouines, Aníbal rejoindra le festival La Comédie du Livre à Montpellier, qui se tiendra du 29 au 31 mai. Programme détaillé à venir !

18nov. 2014

La Ballade des misérables, en librairie

La semaine dernière est sorti notre titre de novembre, qui est aussi notre dernier titre 2014. Il s’agit de La Ballade des misérables, d’Anibal Malvar, traduit de l’espagnol par Hélène Serrano.

couv

La Ballade nous mène en périphérie de Madrid, dans un campement gitan dont les enfants disparaissent, un par un… Qui se souciera de leur sort ? La police ne se penchera sérieusement sur ces cas d’enlèvements présumés qu’après le coup de sang du patriarche Perro : suite à la disparition de sa petite fille, celui-ci abat Calcao, un simple d’esprit que tout désigne comme étant le coupable. Sauf que Calcao est innocent.

Deux enquêtes sont alors lancées. D’une part celle de la police, qui met sur le coup son inspecteur le plus… disons contestable : Pepe O’Hara. Ce flic haut en couleur est accompagné de son perroquet (vivant), de son bras droit Pepe (oui, lui aussi) et de son ex, la journaliste Ximena, jeune fille de bonne famille idéaliste et engagée. Pepe O’Hara n’a pas bonne presse dans la police : ses méthodes sont expérimentales, son sens de la hiérarchie tout relatif et ses manières particulières. Cela ne l’empêche pas de se consacrer entièrement à l’enquête, envers et contre tout.

D’autre part, côté gitan, c’est Tirao qui mène l’enquête. Depuis sa cellule de prison, le patriarche Perro l’a en effet chargé de faire toute la lumière sur la disparition de sa petite fille. Mais pour cela, Tirao, ancien toxicomane qui cultive un certain mystère autour de lui, va devoir affronter les fantômes de son passé…

Sur cette trame policière, Anibal Malvar compose un roman poétique, baroque, gothique même, et nous promène dans une Madrid obscure, celle des laissés-pour-compte et des misérables.

Extrait :

« Maaa fiiiille, maaa fiiiille.

– Écartez-vous, madame, écartez-vous et arrêtez de crier comme ça, merde. »

La Parrala voudrait être tout en même temps : la rose qui annonce le joli mai et la première neige de l’hiver. Moi, Calcao – c’est comme ça qu’on m’appelle, sûrement parce que je ressemble à quelqu’un trait pour trait –, je ne suis pas censé faire dans l’envolée lyrique : tout le monde le sait, je suis un peu attardé. Mais voilà, au moment de mourir tu as de ces illuminations, c’est comme si tout ce que tu avais entendu et n’avais pas compris de ton vivant s’organisait et s’éclaircissait dans ton âme immortelle. La Parrala n’est pas la mère de la gamine, elle n’est même pas de sa famille, mais c’est elle qui crie le plus fort de tout le Poblao. Surtout maintenant qu’ils disent que même la télé va venir ici, à cause de la gamine qui est morte.

« On ne pourrait pas disperser ces gens-là, capitaine ?

– Et on fait comment ? On balise la lande ? Et puis, tant qu’on y est, on balise Madrid et on en profite pour annexer Guadalajara ?

– Maaa fiiiille, maaa fiiiille.

– Ou elle arrête de crier, ou je lui mets mon flingue dans la bouche, capitaine. »

Je rigole, mais pendant ce temps le jour continue à se lever petit à petit. Je prends un air débile, ce qui ne me demande pas un gros effort, et je regarde vers l’Est, en laissant un filet de salive genre crétin du village me mouiller la barbe. Ma dernière aurore, lente comme un orgasme de junkies. Bientôt, ils vont trouver la ceinture. Ma ceinture. Mais avant, un mec de la PJ avec une gueule de petit malin juste sorti du four s’approche du capitaine.

« Je crois qu’il est important que vous voyiez ça. »

Il brandit un sac en plastique.

« C’est la gamine que tu trimbales là-dedans ? Arrête, tu déconnes.

– On a fait une saisie. Plus de mille deux cents grammes d’héroïne, onze kilos de…

– Abruti. La gamine. Abruti.

– Mais, monsieur…

– Quoi, monsieur, pauvre tache ? Regarde autour de toi. Qu’est-ce que tu vois ?

– Quoi donc, monsieur ?

– Ces villas, ces balançoires, ces maisonnettes, ces jardins… » Le capitaine balaie les taudis d’un geste cabotin. « Qu’est-ce que tu vois ?

– Je vois pas…

– Tu vois rien, crétin de mes deux. Tu vois le Poblao. Tu vois de la merde. De la boue. Des cartons. De la tôle. De la misère. » Il nous englobe tous en un geste emphatique. « Des misérables. Moi, je cherche pas de drogue dans un bidonville de merde. C’est pas ça que je cherche. Moi, ce que je cherche, c’est une gamine, une petite gamine qui, si ça se trouve, est morte ici, sous tes pieds. »

Ils l’ont lu et aimé :

  • « À la fois très noir et sans aucune concession, ce roman dégage pourtant une certaine énergie, même si elle est quelquefois poussée par le désespoir. Son ton est entraînant et prenant et je l’ai lu avec une vraie curiosité. Un roman qui ne ressemble à nul autre. » Chez Mark et Marcel.
  • « Un des plus beaux livres que j’ai lu cette année. » Vincent Boillod, FNAC Forum.
  • « Rythme endiablé, univers sombre, quartier populaire et personnages malmenés, ce livre me séduit. » Vincent Ladoucette, Gibert Carré de Soie.

Et comme d’habitude, la playlist du roman… Beaucoup de musique gitane, bien entendu, mais on vous recommande aussi la reprise de « La Mauvaise Réputation » par Loquillo, c’est le dernier morceau ! Il faut savoir qu’Anibal Malvar traduit (et interprète parfois…) Brassens, mais aussi Brel, et qu’il y fait discrètement référence à plusieurs reprises au cours du roman… Saurez-vous retrouver ces clins d’œil ?