Nous profitons de ce beau mois d'août (et du calme avant la tempête de la rentrée littéraire !) pour vous présenter des collaborateurs in-dis-pen-sables d'Asphalte : les traducteurs. Antonia García Castro, voix française de Roberto Arlt et de Martin Mucha, ouvre le bal...

     

Pourquoi avoir choisi la traduction ? D'où vient cet amour de la langue, des langues ?

D’une expérience de vie, liée à l’immigration. Une aventure familiale, à l’origine, qui m’a conduite à vivre dans plusieurs pays et à parler couramment deux langues (l’espagnol et le français). La traduction, avant de devenir un métier, a été pour moi une activité quotidienne. Une forme d’échange. Avoir une histoire chilienne, vivre en France ; puis, avoir une histoire française, vivre au Chili, en Argentine : tout le temps, diverses situations, plus ou moins ordinaires, exigeaient (exigent) cet exercice de traduction.

Quelle a été ta toute première traduction ? Comment l'as-tu décrochée ?

Il m’est très difficile de distinguer une première traduction, en raison de ce caractère quotidien que la traduction a pour moi. Ma première traduction payée remonte, je pense, aux années 1990, c’est probablement un travail universitaire, réalisé par une de mes amies argentines. Elle avait des difficultés a trouver un traducteur pour sa thèse, qu’elle devait présenter en France. Nous avions déjà travaillé ensemble, cela s’était bien passé. À ce moment-là, je m’étais mise en tête d’aider un de mes amis qui faisait un travail social très important, mon salaire était un peu maigre pour jouer les mécènes. J’ai aussi accepté cette traduction, pour aider cet ami à mener une partie de son projet.

Avec le recul, quelle est la traduction dont tu es le plus fière ?

À l’oral, sans conteste : un exposé du professeur Stéphane Douailler, à l’Université de Merida (Venezuela) en 1997. À l’écrit, je dirais les Eaux-fortes de Buenos Aires, une expérience qui a complètement modifié ma conception des choses. Qu’est-ce que traduire ? Qu’est-ce qu’un traducteur ? Qu’est-ce que ce métier ?

Traduire, c'est écrire, créer ou c'est forcément un peu trahir ?

C’est interpréter, je dirais. Comme un acteur ou comme un musicien. C’est faire part d’une lecture du texte. D’une compréhension sensible (pas que rationnelle). Le traducteur, me semble-t-il, est d’abord et surtout un type particulier de lecteur.

Quel autre livre Asphalte aurais-tu aimé traduire (questions de langues mises à part) ?

Sans hésitation : Golgotha de Leonardo Oyola.