01déc. 2009
De l'art de préparer son lancement...
12:55 - Par Estelle - Lien permanent
Dans un monde idéal, l’éditeur façonne son programme selon
son envie une fois sa maison créée. Tel livre pour le mois de lancement, couplé
à tel autre, pour diversifier les plaisirs, les genres et les univers. Oui mais
voilà, élaborer son programme de lancement n’est pas si simple. L’éditeur se
retrouve bien vite confronté à plusieurs enjeux tous aussi cruciaux les uns que
les autres. 
Le dilemme de la visibilité d’abord. Combien de livres
sortir pour commencer ? Trois ou quatre, afin d’être suffisamment présents en
librairie, afin qu’on parle de nous… Un « gros » lancement est
tentant. En même temps, qui dit petite maison dit peu de moyens humains. Nous
nous refusons à sortir des livres bâclés et voulons consacrer à chacun le temps
nécessaire. Il s’agit d’être à la hauteur des standards de qualité éditoriale
que nous nous sommes fixés, mais aussi d’assurer à chacun de nos ouvrages de la
presse, des événements, etc.
Autre interrogation : comment répartir les différents
types d’ouvrages ? Nous vous disions qu’Asphalte allait publier des
romans, des essais et des anthologies. On pourrait naïvement penser qu’un
panaché de tout cela tous les deux ou trois mois serait du meilleur effet.
Montrer à chaque fois l’étendue de notre palette… Il n’en est rien. Ce
panaché, en librairie, serait réparti dans deux ou trois rayons
différents : un livre en littérature générale (étrangère ou française), un
autre en essais/sciences humaines, et hop, l’anthologie parmi les polars. Niveau
visibilité, on peut mieux faire.
Et je n’ai même pas encore parlé de la saisonnalité : on
n’achète pas de livres de la même façon tout au long de l’année. Quel est le
meilleur mois pour la littérature noire ? Faut-il éviter la rentrée
littéraire ou surfer sur cette vague ? Quid de la « petite
rentrée » de janvier, et est-il pertinent de sortir un livre en été ?
Autant de questions que l’éditeur doit se poser.
Telles sont les pièces de puzzle que les éditeurs ont en
main. À chacun de les agencer le mieux possible en essayant de n’en faire
tomber aucune au passage. Et, au bout, arriver à quelque chose de cohérent avec
soi et avec les contraintes données.

Et puis, chez Asphalte, il y a une petite contrainte
supplémentaire : il faut aussi qu’on pense à l’enchaînement de nos escales :
Australie, Paris, Inde… Mais aussi Argentine, Angleterre, Thaïlande… Mais
aussi Italie, Berlin, L.A…
Bref, de longues discussions et une armée de décisions à prendre pour de
beaux voyages en perspective.
Commentaires
Il me plaît votre esprit, et votre charte graphique aussi, l’humour…bref…une découverte sympathique dans cette nuit un peu longue, avec l’espoir de revenir et de suivre votre actualité, vos progrès de bébé maison d’édition…on se sentirait presque l’âme d’une mère avec vous.