10nov. 2009
Le noir n’est pas qu’une couleur
14:19 - Par Claire - Lien permanent
Nous voulons vous faire voyager.
Si le terme évoque immédiatement de grandes étendues sauvages, le voyage sera avec nous plus asphalté (forcément !) : nous vous invitons à explorer des villes, leurs boulevards, leurs venelles, leurs ruelles. Poussez les portes des squats, des petits troquets, des bouis-bouis miteux. Partez à la rencontre de ceux qui les hantent. Engouffrez-vous dans le métro, prenez un bus au hasard. Suivez le guide, ou ne le suivez pas, préférez vous perdre, préférez vous plonger.
Première destination proposée dans le cadre de la collection “Asphalte Noir” : Paris, notre territoire.

Pourquoi “Asphalte Noir” ? Parce que ces anthologies iront flirter avec le polar, le thriller, une pincée de fantastique parfois, le tout baigné dans une atmosphère, eh bien, sombre. Paris Noir, ce sera la face cachée de la ville lumière en douze nouvelles, avec à la barre Aurélien Masson, directeur littéraire de la Série Noire chez Gallimard, qui a mis à contribution pour cette anthologie les plumes parmi les plus talentueuses de la scène polar française, ainsi que des guest-stars prestigieuses…

Ne craignez pas une énième visite littéraire de cette capitale de carte postale, de ce parc d’attraction pour touristes… Le cœur de la ville, ce ne sont pas les Champs ou l’Île de la Cité, mais les Halles et son Forum, où Marc Villard met en scène une prostituée piégée par un flic pourri. Certes, vous n’échapperez pas à certains hauts lieux du folklore, mais la place des Vosges de Jean-Bernard Pouy n’est pas celle des galeristes, le Quartier Latin de Salim Bachi n’est pas celui des touristes jouant aux étudiants, les Grands Boulevards de Christophe Mercier ne sont pas ceux des cabarets. Les curiosités ne sont pas épargnées, telle la rue des Degrés, la plus courte de Paris, que Didier Daeninckx va décorer d’un cadavre.
Ne craignez pas non plus une anthologie branchée nightlife pour bobos en manque de sensations fortes. D’accord, commencer par un verre à Oberkampf pour enchaîner sur un concert au Nouveau Casino, rien de plus tranquille, sauf dans une nouvelle de DOA. La promenade aux Batignolles de Patrick Pécherot est plus un voyage dans le temps qu’une tournée des bars à brunchs. Chantal Pelletier évite de même les troquets tocs de Ménilmontant, pour nous proposer une visite nettement plus gastronomique…
Les plus mauvais lieux de Paris ne sont donc pas forcément où l’on pense, ni même pour les raisons que l’on pense : Jérôme Leroy transforme les quelques rues séparant la gare de l’Est et la gare du Nord en véritable souricière. Laurent Martin met en scène (littéralement !) le difficile retour au pays d’un garçon de Picpus, Dominique Mainard fait de son personnage principal le dépositaire d’une tragédie horriblement banale à Belleville. Hervé Prudon, lui, remonte la rue de la Santé, “rue emmurée vivante”, en une errance tant physique qu’intérieure.

Rendez-vous en avril 2010, donc, pour la parution de Paris Noir. Il y aura d’autres villes, il y aura d’autres Asphalte Noir, mais croyez-moi, on est sacrément fières de commencer par Paris. Des auteurs qu’on admire pour une ville qu’on aime, que pouvait-on rêver de mieux ?
Crédit photos : Asphalte.
Commentaires
Hum. Effectivement dit comme ça, ça fait envie. Mais les anthologies, c’est toujours casse gueule. On y croit quand même !
Merci d’y croire “quand même” ;)
Casse-gueule, les anthologies ? Le champ de l’anthologie est vaste… De contes, de poésie, de nouvelles, de romans ? Thématique ou générique ? Noire, SF, fantastique, “litgen”, transgenre ? Les anthologies tout court ? Les morceaux d’anthologie ? Je m’y perds.
Votre remarque ne manque pas d’intérêt en tout cas, on aura certainement l’occasion d’en reparler sur ce blog.
Coucou !
Ben, c’pas faux, c’t’histoire d’anthologie. Combien de fois on a dit, comme ça au détour d’une conversation : “ouais, les nouvelles, c’est sympa, mais je préfère un bon roman”. Autant, une anthologie thématique, c’est pas tout à fait la même chose. Malgré tout, c’est en effet un peu “casse gueule”.
Mais bon, les noms rassemblés et le fil de l’ensemble compensent largement ! (et puis, la confiance en l’éditeur, aussi, héhé)
Me concernant, je vous propose “Quant à Marc Villard, il suit à la trace une prostituée piégée par son mac sous le Forum des Halles”. Cela étant, il y a certainement mieux à dire mais j’essaie d’aider. Modestement.
Dis moi que Dominique Mainard, au sommaire, c’est “ma” Dominique Mainard !!!! Coooooooool ! C’est où qu’on commande ?
Cher Marc, je suis impardonnable ! À force de remaniements de billets, j’ai effectivement réussi, allez savoir comment, à faire sauter l’allusion à votre nouvelle. Je le savais, que j’aurais dû faire un dernier appel des troupes avant de cliquer sur “publier”… Je m’en vais corriger ça de suite.
@Cyrille
C’est elle… ;)
J’ai hâte de découvrir cette anthologie. Ton texte donne sacrément envie.