Asphalte Café - Le blog d'Asphalte Éditions

27juil. 2010

Entretien avec Antonia Garcia Castro (1)

Le 9 septembre sortira chez Asphalte les Eaux-fortes de Buenos Aires, de Roberto Arlt, un classique moderne de la littérature argentine, encore inédit en français. Histoire de faire connaissance avec l’univers de l’auteur, nous vous proposons un entretien avec la traductrice de ces chroniques urbaines et vagabondes…

Asphalte : Antonia García Castro, vous avez traduit pour Asphalte les Eaux-fortes de Buenos Aires de Roberto Arlt. Que représente ce livre pour vous ? Comment l’avez-vous découvert ?

Antonia García Castro : À la fin des années 1990, Mario Paoletti, un écrivain argentin qui réside en Espagne, m’a fait parvenir un paquet destiné au musicien Juan Cedrón. Il s’agissait de poèmes qu’il avait écrits à partir de personnages de Roberto Arlt, et son idée était qu’ils pouvaient être mis en musique et devenir des tangos. À cette époque, le Cuarteto Cedrón jouait toutes les semaines dans une salle parisienne et j’allais parfois les écouter. J’ai transmis le paquet.
Arlt, c’était un lien entre ces deux hommes, une sorte de mot de passe. Mario Paoletti et Juan Cedrón sont de la même génération. Ils sont nés à peu de choses près lorsque Arlt est mort (1942). Ils s’étaient croisés dans leur jeunesse et ne s’étaient pas revus depuis trente ans. Roberto Arlt, c’était un trait d’union possible. Les poèmes ont effectivement été mis en musique. De mon côté, je n’avais pas encore lu cet auteur et c’est en aveugle que j’avais accompli ma tâche de messagère. C’est Juan Cedrón qui m’a conseillé de lire les Eaux-fortes. Chose que j’ai faite lors d’un premier voyage à Buenos Aires, en 1999.
C’est peut-être pour cela que, dans mon esprit, l’œuvre et la ville sont indissociables. Les eaux-fortes sont de Buenos Aires, au même titre que le Puente Negro, l’Obélisque, la rue Corrientes, le linge tendu sur les terrasses, les files d’attente pour prendre le bus, le bruit de cette ville aujourd’hui saturée par les moyens de transport, etc. On peut venir à Buenos Aires sans les lire, mais c’est un peu comme si on allait à Paris sans que personne nous indique la rue du Chat-qui-pêche. Les eaux-fortes sont à elles seules une rue, une perspective insolite et mystérieuse de la ville.

Pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas du tout la littérature argentine et la place d’Arlt au sein de celle-ci, comment la définiriez-vous en quelques mots ?

Roberto Arlt a écrit à un moment d’effervescence culturelle à Buenos Aires. Il est le contemporain de beaucoup de grands noms de la littérature argentine. Parmi ceux-là,  Leopoldo Marechal, à qui l’on doit Adán Buenosayres (1948).
En 1926, au moment où Roberto Arlt publie son premier roman, Le Jouet enragé, Ricardo Güiraldes publie Don Segundo Sombra, considéré comme l’un des chefs d’œuvre de la littérature gauchesca – dont la gestation remonte au XIXe siècle  et qui se structure autour de la figure du gaucho, l’homme de la campagne. Ces œuvres indiquent deux pôles en tous points distincts et révélateurs de l’identité argentine de l’époque. Mais alors que le genre gauchesco s’éteint progressivement au cours du XXe siècle, la porte ouverte par Arlt reste ouverte.
Par rapport à la thématique de la ville, à l’évocation du monde populaire surtout, tel qu’il se donne en milieu urbain, une précision me semble nécessaire. Roberto Arlt a notamment introduit dans les livres ce que le tango, dix ans auparavant, avait déjà couché sur le papier. Ce n’est pas une boutade. Le premier tango chanté date de 1917. Et le tango, dans son versant écrit, et plus précisément en tant que récit, constitue un genre littéraire à part entière. Buenos Aires y est plus que présent. C’est un personnage à part entière. Bien des sujets des eaux-fortes ont leur tango.
Disons plus généralement que les poètes du tango, comme Roberto Arlt, se sont inspirés à la même époque de la vie des gens de Buenos Aires. Parmi ces gens, ils ont privilégié les plus humbles. Et Arlt a, de plus, donné une place de choix aux marginaux. Faire de ces derniers des sujets possibles – et nécessaires – de la littérature a été l’un des soucis de l’écrivain. À cet égard, certaines eaux-fortes sont tout ce qu’il y a de plus explicites. Et clairement, il y a eu rupture. Roberto Arlt aborde lui-même le sujet de ses relations problématiques avec les secteurs les plus conservateurs du monde littéraire argentin et la critique dans plusieurs textes. En particulier, dans la préface aux Lance-flammes.

Selon vous, pourquoi relire les Eaux-fortes de Buenos Aires aujourd’hui ? À quoi tient leur étonnante modernité ?

En Argentine, les Eaux-fortes n’ont jamais cessé d’être lues. Il y a de cela quelques mois, j’étais dans un train de banlieue, un de ces trains que l’on trouve dans les romans de Roberto Arlt. Peu de sièges, des gens assis par terre, entassés. Et il y avait un jeune homme en équilibre sur un bord de fenêtre, il était dans un coin, les pieds littéralement collés à la fenêtre, un vrai défi aux lois de la gravité. Il lisait. Ça a éveillé ma curiosité parce que, vraiment, c’était une position inconfortable. Il lisait les Eaux-fortes. Et à le voir comme ça, je me suis dit que Don Roberto aurait été content de savoir qu’un jeune homme aux baskets trouées pouvait le lire, soixante-dix-sept ans plus tard, dans de telles conditions. Mais pourquoi le lisait-il ? Il faut croire que ça lui plaisait.
Pour ce qui est de la France, les eaux-fortes permettent d’aborder une facette inédite de l’auteur par rapport aux textes déjà disponibles en français. C’est qu’elles donnent en permanence la sensation que l’auteur s’est assis à notre table, qu’il se tient à proximité.  En effet, ces textes sont écrits de telle manière qu’on ne fait pas que lire Arlt et l’entendre, on peut aussi l’imaginer : hausser les épaules, lever les yeux, bâiller, soupirer, sourire, s’indigner… à cause de quelque chose qui se passe « là ». C’est un point commun à la plupart des eaux-fortes : entre l’auteur et ses personnages, il n’y a qu’un mètre… trois ou quatre mètres de distance tout au plus… Quatre mètres c’est la largeur d’une pièce normalement constituée à Buenos Aires. Un mètre, c’est la distance de l’émotion. La bonne distance pour être interpelé par un visage, pour serrer une main ou pour coller son poing dans la figure de quelqu’un. Toute l’illusion littéraire se tient là, elle aussi, dans cette petite distance.
Puis, les problématiques. « Prends garde, gamine, car le temps passe » est un texte visionnaire. Ce que Roberto Arlt énonce comme futur pour l’Argentine est désormais un passé plus qu’imparfait. Il y a aussi cette désespérante actualité : crise du logement, pénurie du travail, inutilité des diplômes, etc. Pour le coup, on peut être surpris de se trouver à Buenos Aires dans les années 1930, et non à Paris en 2010.
La modernité est à chercher dans le regard de l’auteur, dans la manière qu’il a d’interroger et de s’interroger sur cette ville en mutation, ses habitants, leurs difficultés, leurs rêves, leurs cauchemars, et de mettre en exergue l’insolite. L’insolite tel qu’il se donne à Buenos Aires, c’est-à-dire de la manière la plus ordinaire. Comme c’est probablement le cas ailleurs, avec les nécessaires spécificités locales.

(Entretien à suivre…)

04juin 2010

Paris Noir, la playlist et la carte interactive

Et voilà ! Paris Noir est arrivé hier dans vos librairies : l’occasion de redécouvrir la capitale en une belle et inquiétante promenade littéraire. Douze auteurs, douze nouvelles, douze quartiers. En bonus, pour ceux d’entre vous qui sont justement sur la région parisienne les 11, 12 et 13 juin, rendez-vous au festival Polar en Plein Cœur, qui se déroulera à l’espace d’animation des Blancs-Manteaux (Paris 4e). L’ouvrage sera en vente sur place et, le dimanche 13 de 15 h à 18 h, DOA et Aurélien Masson seront présents pour dédicacer votre exemplaire. Venez nombreux !

  

En attendant la rencontre, nous vous présentons un bonus spécifique aux ouvrages de la collection “Asphalte Noir” : la carte interactive ! Les différents lieux évoqués dans l’anthologie sont signalés, et accompagnés d’extraits des nouvelles. Pour le plaisir de voyager à distance, en guise d’amuse-bouche ou pour prolonger la lecture…


Afficher PARIS NOIR sur une carte plus grande

Et comme d’habitude, un ouvrage Asphalte ne serait pas un ouvrage Asphalte sans sa bande originale… Pour Paris Noir, ce sont les auteurs et l’anthologiste qui ont composé le tout, d’où une playlist éclectique aux transitions parfois… surprenantes. À écouter sans modération !

01juin 2010

Direction Buenos Aires

Encore un grand moment dans la vie d’une jeune maison d’édition fraîchement éclose… La première rentrée littéraire ! Nous avons décidé de placer cette étape de notre voyage éditorial sous le signe de l’Argentine.

Avec ces deux nouveaux titres, ce sera l’occasion de développer un peu plus l’étendue de l’esprit Asphalte, mais aussi de partir à la découverte de la scène littéraire argentine. Nous allons une fois de plus faire cohabiter un premier roman contemporain et décapant avec un classique moderne encore inédit en français. Préparez donc d’ores et déjà de la place dans vos étagères pour…

  • Côté contemporain : Les Taupes, de Félix Bruzzone, jeune figure de l’avant-garde littéraire argentine. Dans ce roman envoûtant et déjanté, vous croiserez des enfants de disparus de la dictature argentine, des travestis mus par la vengeance, de curieux entrepreneurs en travaux publics…
  • Côté classique moderne : Eaux-fortes de Buenos Aires, recueil de chroniques urbaines du grand Roberto Arlt. Une vraie errance littéraire dans la capitale de l’Argentine, un tableau vivant la ville, au charme suranné, où les faubourgs côtoient allègrement les bas quartiers.

taupes    eauxfortes

Nous aurons l’occasion de reparler de ces deux ouvrages tout au long de l’été sur l’Asphalte Café. D’ici là, notez bien sur vos tablettes que Paris Noir déboulera dans votre librairie ce jeudi !

21mai 2010

Des petits papiers...

La semaine passée fut forte en émotion, comme  vous vous en doutez : adrénaline des premières parutions, premier office pour Asphalte avec tous les bugs qui vont avec, mais aussi et surtout toutes les joies.

Se balader et tomber sur un chat sauvage au détour d’une petite échoppe, trouver une pile de pommes sur une énorme table d’une tout aussi énorme librairie. En rester bouche bée.

Recevoir des petits mots sympathique de libraires qui ont lu les livres et qui les ont appréciés. Qui nous encouragent à continuer de la sorte. Et qui ont écouté les playlists pour accompagner leur lecture.

Lire le cœur battant les articles de journalistes et bloggeurs. Se rendre compte que c’est élogieux et que c’est d’Asphalte qu’ils parlent.

En vrac, et pour vous faire découvrir peut-être des blogs et sites que vous ne connaissez pas, quelques articles qui nous ont été consacrés :

  • Comme un acte de naissance : un article de Christophe Dupuis dans Page des libraires et un article de Marie Kock dans Livres hebdo.
  • Une libraire enthousiaste, Aurélien Janssens, de Page et Plume à Limoges, parle de nous sur son blog après s’être plongée dans Chat sauvage.
  • Pour Maxime Gillio, dans Pommes, “oublié le paradis perdu”.
  • Quant à Chat sauvage : “un drôle de roman qui file à toute vitesse” pour Gilles Marchand sur le site k-libre, avec “un langage oral, troué de pertinences presque poétiques”, selon Sébastien Gendron, dans son Petit Laboratoire de Potentialités Globales.

Voilà pour le petit tour d’horizon. À venir, des récap de la presse de chaque titre dans les fiches catalogue du site.

Sinon, au programme des jours prochains : présentation de la rentrée littéraire Asphalte devant les libraires, présentation du programme octobre-novembre (oui, oui, vous avez bien lu) devant les représentants, sans compter la sortie de Paris Noir qui pointe le bout de son nez bicolore le 3 juin…

04mai 2010

L'interview de Richard Milward

À la veille de la sortie de Pommes en France, Richard Milward a accepté de répondre à quelques questions. L’occasion pour vous de faire plus ample connaissance avec ce jeune auteur à la créativité débordante et de rentrer de plain-pied dans l’univers du roman.

milwardÀ la publication de Pommes, les critiques et les journalistes ont été épatés par votre jeunesse : vous n’aviez que 22 ans. Depuis, vous avez écrit un deuxième roman et planchez sur le troisième. Considérez-vous Pommes comme votre œuvre de jeunesse ?

C’est étrange, parce qu’en réalité, Pommes est mon septième roman. J’écris sans arrêt depuis que j’ai douze ans, et je vois plutôt Pommes comme une étape logique de ma progression après les histoires un peu naïves que j’inventais quand j’étais plus jeune. Les romans antérieurs sont bancals parce que j’essayais d’écrire sur des personnages plus vieux que moi. D’une certaine manière, oui, Pommes est ce qu’on peut appeler une œuvre de jeunesse, car c’était la première fois que j’écrivais à propos de choses que j’avais moi-même vécues, au lieu d’utiliser seulement mon imagination. Les souvenirs de mon adolescence, dans tous ses délires et sa fureur, étaient encore frais dans mon esprit, tout comme les émotions bizarres, les sautes d’humeurs. Je ne pense pas que je pourrais écrire à nouveau ce livre de façon aussi authentique, aujourd’hui, à vingt-cinq ans. Je suis fier que ce soit un roman sur l’adolescence, écrit par un adolescent.

La question incontournable, que tous les lecteurs vont se poser : ado, vous étiez un clone d’Adam, une Eve au masculin ou un mix des deux ? À quel point est-ce un roman autobiographique ? Avez-vous dû tester tous ces fruits défendus pour pouvoir mieux en parler ensuite… dans un souci de vraisemblance et de crédibilité ?

À l’époque où j’écrivais le roman, j’étais carrément un mix des deux. Même à présent, j’ai l’impression d’avoir vécu une double vie : Adam et Eve sont comme les deux facettes de cette personnalité dédoublée. Par exemple, quand j’écrivais Pommes, je passais les week-ends à m’éclater à Middlesbrough, à picoler, à m’envoyer des drogues hallucinogènes, à danser comme un idiot… Ensuite, je passais la semaine en reclus, enfermé dans ma chambre, à écrire toutes les histoires que j’avais découvertes pendant le week-end. La première fois que j’ai pris de l’ecsta, j’ai vraiment eu l’impression, comme Eve, que mes yeux « s’ouvraient » à toutes les possibilités de plaisir dans la vie. J’ai découvert cette sorte d’optimisme puéril qu’on retrouve dans la langue de Pommes. Pour être authentique, oui, vraiment, il faut tester ce dont on parle. Mais il n’y a pas de meilleure drogue que la créativité.

Pommes est considéré comme un teen-novel. Certains lecteurs penseront à la série britannique culte Skins, dont la diffusion a commencé l’année de la publication de Pommes et dont l’univers semble avoir un air de famille, peut-être la poésie en moins. Êtes-vous particulièrement attentif à la teen-culture, et aux différentes tendances de la galaxie ado ?

Pas tellement. Avec Pommes, j’écrivais juste sur ce que je voyais à Middlesbrough, et je me fiais à des souvenirs pas trop éloignés du collège et du lycée. J’essaie vraiment de garder une qualité « intemporelle » dans mes écrits, plutôt que me soumettre à des tendances ou des modes qui ne font que passer. Quand j’étais ado, j’étais à fond dans la culture pop contemporaine (la britpop, les soi-disant young british artists[1], etc.) mais maintenant, je préfère m’intéresser au drôle de pays des merveilles que j’ai dans la tête, plutôt qu’à ce que la presse fourre dans la tête des gens.

Recommanderiez-vous la lecture de Pommes aux parents d’ados ? Ne craignez-vous pas qu’ils s’effraient de découvrir un tel univers, avec ses codes, ses préoccupations, son langage ? Sans parler du sexe, de l’alcool et des drogues…

Je ne suis pas sûr que les parents seraient effrayés par le livre : la plupart des jeunes du récit ne manquent ni de chaleur humaine ni de sens de l’humour, ce qui va à l’encontre du cliché de l’ado tourmenté. D’une certaine façon, je voulais que le roman soit un « conte de fée anti-macho », qui se moque du stéréotype des « mâles alpha », ces têtes brûlées au sang chaud qu’on trouve partout dans le monde. Le genre de gars qui s’efforcent de tabasser les mâles plus faibles et de coucher avec les filles, qu’elles le veuillent ou non. Je pense que la plupart des parents savent bien que les ados passent à travers tout un tas de trucs bizarres, tordus, merveilleux durant ces années de formation. Mon roman essaie de condenser toutes les détresses et délices de cette période en 250 pages, sans pour autant imposer une morale aux personnages ou au lecteur. Au final, les jeunes feront ce qu’ils veulent, et beaucoup de parents en sont pleinement conscients.

Pommes semble se passer dans notre société contemporaine. Mais à part le binge drinking, certains éléments de la vie quotidienne des ados semblent manquer à l’appel, comme par exemple les réseaux sociaux sur Internet, le chat… Était-ce intentionnel ?

Oui, je préférais qu’il subsiste une certaine atemporalité concernant les références à la pop culture. J’ai un certain côté luddite[2], au fond : au début, j’écrivais mes romans avec du papier et un crayon, je n’avais recours à la technologie qu’au dernier moment, quand il fallait tout saisir. Je me méfie un peu d’Internet, en particulier de ce fléau que constituent les réseaux sociaux. Des trucs comme Facebook et MySpace me semblent nuisibles car ils s’interposent entre les gens et le monde. Apparemment, de nos jours, pas mal de jeunes préfèrent s’absorber dans ces sites plutôt que sortir de chez eux, alors que les personnages de Pommes s’efforcent au maximum de s’éclater hors de leur foyer. Cela leur cause parfois des ennuis, mais il y a vraiment beaucoup de plaisir à trouver dans le « grand extérieur ».

La structure narrative de Pommes est très travaillée : non linéaire, tout en flash-backs et en échos internes, elle ne semble pas le fruit d’un premier jet spontané. Comment avez-vous travaillé ? Aviez-vous rédigé une sorte de chronologie des événements, ou tout était-il dans votre tête ?

Ah ouais, d’habitude, je dois bien réécrire un roman quatre fois avant d’en être satisfait. Avec Pommes, j’ai commencé par mettre en forme toute la structure de l’histoire, et je gardais les flash-backs bien en tête. Mais quand je m’assois pour écrire, les mots ont tendance à jaillir spontanément, du coup, l’histoire évolue parfois en cours de route. Ce que je préfère dans l’écriture, c’est quand mes personnages réussissent à me surprendre : par exemple, l’un d’eux révèle soudain quelque chose auquel je n’aurais jamais pensé, comme une agressivité larvée, ou un désir envahissant pour un autre personnage. C’est exaltant, de ne pas savoir ce que mon subconscient va encore inventer. Parfois, je me sens comme une baby-sitter, à devoir toujours surveiller mes personnages, ce qu’ils vont encore mijoter par la suite, et m’assurer qu’ils ne bousillent pas complètement mes plans d’intrigue, avec leurs caprices !

La musique est très importante dans Pommes : la house pour Eve, le rock des sixties pour Adam. A-t-elle joué un rôle pour vous pendant l’écriture du roman ? Quel genre de musique écoutez-vous d’habitude ?

Oui, j’écoute toujours de la musique quand j’écris, bien que ce soit toujours à un volume à peine audible (1, pour une chaîne qui va jusqu’à 100) afin de ne pas trop me laisser emporter ou distraire . Parfois, la musique peut aider à faire ressortir un état d’esprit que j’essaie d’exprimer dans une scène… ou juste me relaxer les tympans, quand je sèche sur l’écriture ! Dans la vie de tous les jours, j’écoute un peu de tout : The Fall, Sonic Youth, Pavement, Elliott Smith, etc. La collection de disques d’Adam est assez similaire à la mienne : les Beatles, les Rolling Stones, 13th Floor Elevators, le Velvet Underground… de la musique à la fois expérimentale et accessible. Exactement l’équilibre que j’essaie d’atteindre dans l’écriture.

L’intrigue est très liée à la ville de Middlesbrough, un aspect qui nous a beaucoup plu chez Asphalte, avec notre passion pour la littérature urbaine. Une véritable carte de la ville se dessine au fur et à mesure du livre, avec ses quartiers, ses territoires… Vivez-vous encore à Middlesbrough ? Tous les endroits mentionnés dans le roman sont-ils réels ?

Oui, je vis toujours à Middlesbrough. J’ai vécu quelques années à Londres, pendant mes études d’art, mais je savais que je reviendrais à Middlesbrough. Cette ville a une vraie personnalité, les gens ici sont drôles, chaleureux et un peu fous, ce qui en fait l’endroit idéal pour vivre et pour trouver l’inspiration ! Tous les endroits mentionnés dans Pommes sont réels : globalement, le livre se passe dans les coins que je traversais en allant à la fac à pied. La banlieue de Middlesbrough paraît assez quelconque, mais j’ai voulu y ajouter la couleur, la vitalité qu’on trouve chez ses habitants. La presse britannique a collé à Middlesbrough un cliché de grisaille et de misère, mais en réalité, la ville vibre et résonne d’éclats de rire.

Trois ans après sa première publications, Pommes est toujours sur le devant de la scène en Grande-Bretagne : adaptation théâtrale, bientôt un film…  Pouvez-vous nous dire quelques mots à ce sujet ? Et pouvez-vous nous parler de votre deuxième roman ? Est-il très différent de Pommes ?

Pour la pièce de théâtre, les représentations commenceront en juin 2010. Le texte se présente comme une succession de monologues tirés du roman, donc c’est très fidèle au livre. C’est assez étrange, de voir des scènes de mon passé jouées par des inconnus ! C’est un peu comme regarder un film surréaliste sur sa propre vie, parfois.

En ce qui concerne le film, nous avons reçu une subvention du UK Film Council pour lancer le projet, mais à présent, nous avons à nouveau besoin d’argent pour passer au stade de la production. C’était amusant d’adapter le roman pour l’écran : j’ai écrit le scénario moi-même, en remixant certaines scènes, en ajoutant de nouveaux dialogues… Le script est un peu une version plus fiévreuse, exacerbée du roman, avec le côté onirique, l’humour et l’horreur un cran au-dessus.

En 2009, mon deuxième roman, Ten Storey Love Song, est sorti au Royaume-Uni. Il suit un groupe de personnages vivant dans une tour à Middlesbrough : un artiste qui gagne la reconnaissance d’un marchand d’art londonien, mais qui devient complètement psychotique à force de bouffer des hallucinogènes ; un voyou du coin qui a du mal à satisfaire sa petite amie au lit ; un camionneur raciste qui a une obsession inquiétante pour les gosses de l’école primaire voisine. Comme les chapitres de Claire dans Pommes, Ten Storey Love Song est écrit en un seul paragraphe continu, afin que chaque page reflète la forme de la tour. Beaucoup de thèmes sont communs – sexe et maladresse, drogues, magie du langage – mais comme les personnages sont plus âgés que la bande de Pommes, ils ont des tas de problèmes complètement différents : le chômage, des vies sexuelles complexes et des boulots abrutissants.

__________

[1] Les « jeunes artistes britanniques », groupe d’artistes britanniques contemporains, issus pour la plupart du Goldsmiths College à Londres. Le terme provient d’une série d’expositions à ce nom, organisées à la galerie Saatchi à partir de 1992.
[2] Le luddisme est un courant anti-industriel. Le terme de « luddite » désigne les artisans de la filière textile qui, en 1811-1812, détruisaient les métiers à tisser qui menacent leur activité.

30avr. 2010

La playlist de "Pommes", commentée par Richard Milward lui-même !

Avoir avoir braqué les projecteurs sur Mudrooroo et son chat sauvage, c’est au tour de Richard Milward d’être à l’honneur sur l’Asphalte Café. Lui aussi a composé une playlist spécialement pour l’édition française de son premier roman, Pommes, qui sort chez Asphalte la semaine prochaine. Toutefois, Richard a tenu à commenter ses choix… En effet, la playlist est construite comme le roman : les ambiances s’alternent, les humeurs changent et les contrastes détonnent…


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Whigfield / « Saturday Night »

« J’ai honte de l’admettre mais c’est la toute première cassette que j’ai achetée. Je me rappelle que les filles faisaient de super chorégraphies dessus, aux boums de l’école, et tous les mecs gigotaient désespérément autour d’elles. Le genre de morceau agaçant qu’on adore quand on est gamin. »

The Rolling Stones / « She’s A Rainbow »

« Adam, le protagoniste bourré de TOCs de Pommes, rêve de perdre sa virginité sur ce morceau, mais il a une interprétation somme toute personnelle des paroles de la chanson. »

Laurent Garnier / « Coloured City »

« Eve écoute du Laurent Garnier avec son petit copain, un type plus vieux qu’elle, peu de temps avant de perdre sa virginité. Je me souviens bien de ces “grands” plutôt chanceux qui écoutaient ce genre de musique, quand ils draguaient les filles de 15 ans. »

Elliott Smith / « Independence Day »

« L’un de mes morceaux favoris. Cette chanson a inspiré le chapitre où le narrateur est un jeune papillon bleu. J’aime bien cette idée du papillon innocent qui n’a que quelques jours à vivre, mais qui va tant apprendre sur le monde qui l’entoure en seulement quelques instants. »

The Beatles / « Yer Blues »

« Peut-être le morceau le plus noir de tous les albums des Beatles, “Yer Blues”parle du suicide, de la haine de soi, mais c’est le genre de chanson qu’on peut reprendre en chœur. La bande-son de la période cafardeuse d’Adam. »

Percy Sledge / « When a Man Loves a Woman »

NdE. Ici, nous sommes dans l’obligation de garder confidentiel le commentaire de l’auteur, sinon une part importante de l’intrigue vous serait dévoilée.

The Fall / « Industrial Estate »

« Même si c’est de Manchester que Mark E. Smith se plaint dans cette chanson, celle-ci semble bien décrire aussi le paysage et le style de vie de certains, à Middlesbrough. Middlesbrough est l’un des coins le plus industrialisé d’Europe de l’Ouest. »

Energy 52 / « Café del Mar »

« Vers la fin du livre, Eve et ses copines vont à Majorque pour aller s’attaquer aux beaux mâles made in Spain. Quand je suis allé là-bas, à peu près au même âge (15 ans), je me souviens avoir dansé au Pacha sur des classiques de la Balearic House comme celui-ci. De la musique qui sent la sueur. »

 Jefferson Airplane / « Somebody to Love »

« Vers la fin du livre, Adam mûrit : d’un branleur qui reste cloîtré dans sa chambre, il devient un jeune homme sensible. Non seulement il cherche quelqu’un à aimer,comme le dit la chanson, mais il cherche à apprendre comment s’aimer lui-même, par la même occasion. »

 The Beatles / « All You Need is Love »

« Quand je me suis mis à l’ecsta, ce morceau semblait illustrer parfaitement tout ce qu’on a alors ressenti, mes potes et moi. Pommes est plutôt sombre par moments, mais je voulais que l’histoire ait pour fil rouge un optimisme à toute épreuve, qu’on retrouve surtout dans le personnage d’Eve et, plus tard, chez Adam. »

27avr. 2010

Quelques mots sur Mudrooroo...

Vous vous êtes probablement demandé qui était cet écrivain au nom étrange qui figure à notre programme de lancement… Chat sauvage en chute libre sortant dans une semaine jour pour jour, c’est le moment idéal pour vous parler un peu de son auteur, histoire de vous mettre l’eau à la bouche. En effet, la vie de Mudrooroo, elle aussi, est un vrai roman…

mudroorooNé en 1938 dans l’état de Western Australia, sous le nom de Colin Johnson, Mudrooroo est un écrivain célèbre en Australie. C’est aussi une personnalité aux multiples facettes, parfois controversée, à l’existence mouvementée.

Il grandit à Beverley, non loin de Perth ; son enfance tumultueuse ne tarde pas à le mener en foyer d’accueil, en maison de correction, puis, une fois adolescent, à la prison de Freemantle. Décidant alors de changer de vie, il part pour Melbourne où il cherche à s’intégrer aux milieux bohèmes majoritairement blancs. Il place quelques épisodes de son passé de délinquant juvénile dans son premier roman Wildcat Falling (Chat sauvage en chute libre, donc), publié en 1965.

La décennie 1970 est placée sous le signe du voyage : notre auteur part pour l’Asie du Sud Est, Londres, l’Inde (où il reste sept ans et se convertit au bouddhisme), et enfin la Californie et le Canada.

À son retour en Australie au début des années 1980, il entre en contact avec des auteurs et militants aborigènes. C’est à cette époque qu’il écrit le roman historique Doctor Wooreddy’s Prescription for Enduring the Ending of the World, relatant l’arrivée des Blancs en Tasmanie. Il adopte en 1988 le pseudonyme de Mudrooroo, enseigne au Koori Kollej à des élèves aborigènes et fonde, avec les dramaturges aborigènes Jack Davis et Marlene Chesson, l’AWOLDA (Aboriginal Writers, Oral Literature and Dramatists’ Association). Si l’association permet l’entrée de l’écriture aborigène dans plusieurs universités australiennes, l’expérience reste décevante et l’AWOLDA éphémère.

Dans son essai Us Mob, paru en 1995, Mudrooroo résume son approche de la question aborigène sans occulter cette déception. Cela crée des remous au sein du mouvement aborigène et on demande au romancier de “prouver” ses origines, ce à quoi il répond : “Je n’ai jamais connu mon père et je doute parfois de ma mère. Alors voyez-moi comme un corniaud et oubliez les étiquettes.” Des recherches généalogiques menées par sa sœur, Betty Johnson, indiquent que Mudrooroo serait en réalité d’ascendance irlandaise et afro-américaine, mais cette controverse irrite l’auteur qui se retire alors dans le Queensland.

Sa carrière littéraire ne s’arrête pas pour autant : il publie Master of the Ghost Dreaming (Le Maître du rêve-fantôme, publié en France aux éditions de l’Aube et traduit là encore par Christian Séruzier), The Kwinkan, puis il décide finalement de quitter à nouveau l’Australie et part pour l’Inde. Il renoue avec le bouddhisme et rencontre le dalaï-lama à Dharamsala, puis s’installe définitivement au Népal, où il vit avec son épouse Sangita et son fils Saman.

Mudrooroo travaille actuellement à une autobiographie. Celle-ci, on l’imagine, ne rendra pas le personnage moins mystérieux : quelles que soient ses origines, plus éternel nomade qu’Australien, le personnage de Mudrooroo échappe à toutes les classifications…

23avr. 2010

Chat sauvage : la playlist

Dans la rue de nouveau. Je traîne devant un disquaire d’où jaillit un air que je connais bien… Trouble in mind, I’m blue… Un batteur solitaire frappe le rythme lent de la mort derrière les paroles. Un saxo désespéré laisse échapper des plaintes qui n’en finissent pas. Notes bleues issues du chagrin du peuple noir, accablé de problèmes. La voix d’une Noire entre deux âges modulant dans mon cœur… Trouble in mind

Chat sauvage en chute libre est un de ces livres à strates. C’est un roman sur la contre-culture dans l’Australie des années 1960 ; c’est un roman sur l’itinéraire d’un délinquant à sa sortie de prison, sur la quête de rédemption qu’il s’interdit mais à laquelle il aspire ; c’est un roman politique sur l’assimilation forcée des Aborigènes et sur ses conséquences désastreuses, génération après génération…

Mais c’est aussi un roman sur la musique, l’amour de la musique ; l’amour du rythme, des sons et de la mélodie. Il se prêtait donc tout à fait à l’élaboration d’une playlist, que vous retrouverez sur le rabat de couverture de l’ouvrage… et qui nous sert aujourd’hui de bande-son, au comptoir de l’Asphalte Café. Mudrooroo l’a composée rien que pour nous, ce dont nous ne sommes pas peu fières, et j’aime autant vous dire que ça swingue dans les locaux grâce à lui.

Par la vitrine illuminée du milk-bar, je reconnais ces lieux familiers qui semblent me lancer un joyeux « bienvenue chez toi ! ». Cet établissement est depuis toujours le repaire de ma bande de bodgies et de widgies. Ils sont tous là, les antisociaux, les désaxés, les délinquants, tous unis dans la même défiance de la normalité. Le juke-box, boîte de métal, de lumière et de verre, est au centre de toute l’attention, dieu compact révéré et nourri par des jeunes sans attaches désireux d’emplir le vide de leurs existences par des histoires d’amour illusoires. La machine m’adresse un clin d’œil sarcastique et m’envoie une salve de rock’n’roll en guise d’accueil.

Une playlist du vendredi un peu spéciale aujourd’hui, donc… et comme disaient d’autres Australiens qui aimaient le blues : let there be rock.

21avr. 2010

Nouveautés et bonus !

Comme on vous l’avait annoncé, pas mal de nouveautés sur le site en avril !
D’abord, des espaces réservés aux traducteurs de chaque livre. Tout comme les auteurs, ils ont désormais leur fiche à part entière : 
  • pour en savoir plus sur Audrey Coussy, qui s’est plongée dans la substance toxique et colorée de Pommes, c’est ici ;
  • et pour Christian Séruzier, le roi du juke-box et de la contre-culture sixties made in Australia, c’est .
Et enfin, on vous dévoile les bonus rattachés aux titres de mai-juin. Vous pouvez ainsi désormais trouver, en sus des couvs à télécharger et des argus :
  • un extrait du texte : en bon vieux pdf, mais essayez aussi de le feuilleter avec le widget, c’est sympa, vous verrez ;-)
  • les éventuelles préfaces/intros et postfaces ;
  • et pour s’immerger encore un peu plus dans les univers des livres, les billets publiés précédemment sur le blog sur le sujet.
Mais ce n’est pas fini. Pour vous faire patienter encore un peu jusqu’à la date de sortie fatidique (le 6 mai, le 6 mai, le 6 mai, le 6 mai….), vous pourrez écouter les playlists exclusives des bouquins d’ici quelques jours… 

09avr. 2010

Premières impressions...

Cette semaine, chez Asphalte, nous avons eu l’occasion d’assister à un événement émouvant et magique dans la création d’un livre : l’impression.

Émouvant, forcément, car après tant de mois de travail sur nos premiers ouvrage, cela fait forcément un petit quelque chose de les voir se matérialiser, se concrétiser en milliers d’objets-livres.
Magique, en outre, car la visite d’un imprimeur est un grand moment d’émerveillement, avec toutes ces gigantesques “machines à faire des livres”, chacune ayant sa spécificité, son usage, ses cadrans et ses manivelles, ses engrenages et ses leviers. Alors oui, on pense aux presses rotatives où se déroulent de gigantesques bobines et sur lesquelles de larges bandes de papier imprimé défilent à toute vitesse comme dans un film des années 1950. Mais il y a aussi les assembleuses qui constituent les blocs de page à partir des différents cahiers imprimés, les brocheuses qui collent les couvertures sur les blocs de page, les machines à coudre qui n’ont rien à voir avec celle de grand-maman… et autres incroyables engins tout-en-un qui fixent la reliure en carton, insèrent délicatement un signet, posent la jaquette, en replient les rabats, empilent les livres sur palette et plastifient le tout. Magique, on vous dit. À croire que les opérateurs qui supervisent le tout sont en réalité à la tête d’une armée d’Oompa Loompas cachée dans les machineries.

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Cliquez pour voir en plus grand…

Bon, avec ces photos, on pourrait croire que nous étions là pour une visite touristique, mais pas du tout ! Il s’agissait d’assister à ce que l’on appelle le calage. En d’autres termes, avant de lancer le tirage des couvertures, il faut s’assurer d’une part que le repérage est correct (donc que les plaques d’impression cyan, magenta, jaune et noir sont bien alignées, pour éviter tout… décalage, justement), d’autre part que le réglage des couleurs correspond bien au résultat désiré tel qu’il existe sur le BAT (bon à tirer) et dans la tête de l’éditrice (forcément un peu confuse d’avoir vu tant de merveilles)…


Chat sauvage passe sur la table d’opération… Inquiétude : le vert est-il assez… vert ?


Le résultat : des couvertures par palettes !

Les circonstances ont fait que nous avons pu assister dans la foulée à l’impression des pages intérieures de Chat sauvage en chute libre… Là, l’impression ne se fait pas feuille à feuille, mais à la rotative : il faut dire que le débit n’est pas le même !


Les bobines de papier sont mises en place, les bandes prêtes à être imprimées… Et action !


À la sortie de la presse, les bandes ne sont pas seulement imprimées : elles ont été découpes et pliées en cahier.

Comme l’intérieur n’est imprimé qu’en une seule couleur (noir donc), le calage ne correspond pas aux mêmes nécessités. L’opérateur s’assure en bout de chaîne que le pliage est correctement paramétré, que l’encre n’est pas trop chargée (ce qui pourrait poser des problèmes de transparence)…


Chat sauvage montre une nouvelle fois patte blanche. Rien à signaler !

Il ne reste donc plus à nos chers livres qu’à passer par les derniers stades : pelliculage des couverture, façonnage… Puis ils embarqueront à bord de grands camions, direction les entrepôts de notre distributeur et, de là, les tables des libraires… Courage, encore plus qu’un petit mois de patience ! En attendant, les presses tourneront encore pour Asphalte… Bah oui, c’est pas tout ça, mais les autres livres ne vont pas tarder !
Tous nos remerciements vont à Fabrizio et l’équipe de Grafica Veneta pour leur accueil, ainsi qu’à Benoît de CPE Conseil pour son œil de lynx.

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